L’amitié du Tigre et de l’Albatros

Quel prix pour devenir ce qu’on rêve d’être ?

Edmond Valjean

Couverture du roman "L’amitié du Tigre et de l’Albatros - Quel prix pour devenir ce qu’on rêve d’être ?"

ISBN : 978-2-37885-156-9

Livre broché à 13 € disponible chez Amazon, ebook à 3,99 disponible chez 3E éditions

Deux amis, deux destins, une seule question : qu’est-ce que réussir ?

Deux enfants regardent le même horizon.

Ils vivent dans la même cité. Lisent les mêmes livres, parfois. Jouent ensemble. Rêvent surtout de ne pas rester enfermés dans l’avenir que leur environnement semble préparer pour eux.

Pourtant, ils ne donnent pas le même sens au mot « réussir ».

Theo veut aller plus haut.

Laurent veut aller plus loin en lui-même.

C’est sur cette opposition que repose L’amitié du Tigre et de l’Albatros, d’Edmond Valjean : une saga qui suit deux amis pendant plusieurs décennies et transforme leur histoire en une interrogation universelle.

Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Theo : réussir pour être libre

Theo n’aime pas les limites.

Enfant déjà, il préfère les grands conquérants aux existences ordinaires. Napoléon, Alexandre le Grand ou Gengis Khan nourrissent son imaginaire.

Sur le terrain de handball, sa personnalité s’affirme. Il observe, organise, motive ses coéquipiers et cherche instinctivement la victoire. Ses camarades finissent par le surnommer le Tigre.

Theo ne veut pas seulement gagner des matchs.

Il veut gagner sa vie au sens le plus littéral : la conquérir.

Son milieu social lui apparaît comme une cage. La réussite doit lui procurer l’indépendance, la reconnaissance et surtout la liberté de décider.

La grande école puis la finance deviennent donc des étapes naturelles.

Pour Theo, réussir signifie d’abord ne dépendre de personne.

Laurent : réussir pour donner du sens

Laurent regarde ailleurs.

L’Albatros rêve davantage qu’il ne conquiert.

Il aime Baudelaire, Cyrano, Don Quichotte. Il écrit, joue de la guitare et transforme ce qu’il observe en chansons.

La réussite ne lui paraît pas immédiatement mesurable.

Il cherche moins à dominer le monde qu’à produire quelque chose de beau.

Cette différence apparaît déjà dans leurs familles. Le père de Theo lui demande ce qu’il a réussi. Celui de Laurent lui demande qui il a aidé à réussir.

Deux questions presque semblables.

Et pourtant, deux philosophies entières les séparent.

Le troisième miroir : Ahmed

Le roman ajoute un troisième personnage essentiel : Ahmed.

Lui aussi est intelligent. Lui aussi veut sortir de la cité. Lui aussi possède une extraordinaire capacité de travail et de stratégie.

Mais les circonstances l’orientent vers le narcotrafic.

Peu à peu, Ahmed modernise ce milieu en appliquant des méthodes dignes d’une multinationale : diversification, finance, internationalisation, optimisation.

Il représente une réussite incontestable si l’on ne mesure celle-ci qu’en argent, en pouvoir ou en influence.

Et c’est précisément ce qui dérange.

Theo ne peut totalement mépriser Ahmed parce qu’il reconnaît chez lui certaines de ses propres qualités.

Les deux garçons sont, à bien des égards, « deux faces d’une même pièce ».

La question n’est donc plus simplement : qui réussit ?

Mais : selon quels critères ?

Réussir, est-ce obtenir ce que l’on désirait ?

Theo obtient énormément.

Un métier prestigieux.

De l’argent.

Une position élevée.

Une famille.

Une influence réelle.

Et pourtant, quelque chose résiste.

À mesure qu’il progresse, le sommet paraît reculer.

La satisfaction dure peu.

Le succès devient presque une obligation : il faut justifier les sacrifices déjà consentis en continuant à avancer.

Laurent connaît lui aussi cette frustration sous une autre forme.

La musique lui ouvre des portes. Mais la vie, le deuil et les circonstances transforment son rêve.

À un certain moment, il ne sera plus celui qui monte sur scène.

Il deviendra celui qui aide d’autres artistes à y parvenir.

A-t-il échoué ?

Ou a-t-il simplement trouvé une autre manière de réaliser ce qu’il cherchait depuis toujours ?

Réussir pour soi ou grâce aux autres ?

C’est là que le roman change progressivement de perspective.

Lorsque Theo et Laurent sont jeunes, ils pensent la réussite comme une ascension individuelle.

Il faut sortir.

Monter.

Prouver.

Conquérir.

Avec le temps, ils découvrent que les réussites les plus durables sont rarement solitaires.

Laurent transmet à ses élèves et à de jeunes artistes.

Theo aide discrètement certaines personnes à avancer. Plus tard, il soutient financièrement les projets de Laurent sans chercher à obtenir de reconnaissance. Lorsqu’il révèle qu’il était derrière certains financements, son ami comprend que cette réussite commune s’est construite depuis longtemps dans l’ombre.

La réussite cesse alors d’être seulement verticale.

Elle devient horizontale.

Ce n’est plus seulement « jusqu’où suis-je monté ? »

Mais :

qui ai-je aidé à monter avec moi ?

Une victoire peut-elle être une défaite ?

Le roman joue constamment avec cette contradiction.

Theo atteint un sommet professionnel et découvre presque aussitôt que celui-ci repose en partie sur des manipulations, des mensonges et des intérêts qu’il n’avait pas voulu voir.

Laurent connaît des succès artistiques, mais découvre que le talent ne protège ni de la trahison ni de la perte.

Ahmed construit un empire et n’y trouve pourtant aucune véritable paix.

Chacun possède quelque chose que les autres pourraient envier.

Et chacun manque de quelque chose que l’argent ou la reconnaissance ne peuvent acheter.

Voilà pourquoi L’amitié du Tigre et de l’Albatros évite une morale simpliste.

Le roman ne dit pas : la réussite matérielle est mauvaise.

Il dit plutôt :

une réussite n’a de sens qu’à condition de savoir ce qu’elle doit servir.

La réponse finale : transmettre

Avec les années, le regard des personnages change.

La question n’est plus seulement ce qu’ils ont obtenu.

Elle devient ce qu’ils vont laisser.

Laurent aide de nouveaux talents.

Theo réoriente son énergie vers des projets capables de survivre à sa propre carrière.

Leur amitié elle-même devient un héritage.

Dans les dernières pages, le roman rappelle qu’un monde équilibré a probablement besoin des deux tempéraments : des hommes de résultats et des hommes de principes, des rêveurs et des réalistes, des Tigres et des Albatros.

Et c’est sans doute là que réside la réponse la plus intéressante du livre.

Réussir ne signifie pas nécessairement choisir entre avoir et être.

Peut-être s’agit-il d’apprendre à faire dialoguer les deux.

Obtenir assez pour agir.

Rester assez fidèle à soi-même pour savoir pourquoi l’on agit.

Et transmettre assez pour que notre réussite ne s’arrête pas avec nous.

Au fond, Theo et Laurent cherchent toute leur vie la réponse à la même question que beaucoup d’entre nous :

faut-il réussir dans la vie ou réussir sa vie ?

Le roman laisse entendre qu’une existence véritablement accomplie commence peut-être lorsque l’on cesse d’opposer les deux.


L’amitié du Tigre et de l’Albatros – Quel prix pour devenir ce qu’on rêve d’être ?

Edmond Valjean – 3E Éditions – 298 pages

Livre broché à 13 euros chez : Amazon

EBOOK à 3,99 euros :

Pour suivre l’auteur :

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