Les Crimes dans la Bible, Tome 3

Rois et Prophètes
930 à 400 av. J.-C.

de Serge Janouin-Benanti

ISBN : 978-2-37885-055-5

Livre broché à 10 euros chez : Amazon 
EBOOK à 3,99 euros

Un voyage sanglant et fascinant dans l’Ancien Testament

Avec Les Crimes dans la Bible, Tome 3 : Rois et Prophètes, Serge Janouin-Benanti poursuit son exploration des récits bibliques sous un angle rarement mis en avant : celui du crime. Ce troisième volume couvre une période charnière de l’histoire biblique, de la mort de Salomon (vers 930 av. J.-C.) à la fin de l’Ancien Testament (vers 400 av. J.-C.), en décrivant la chute des royaumes d’Israël et de Juda, leurs conflits internes, leurs trahisons, leurs guerres sanglantes et leurs luttes idéologiques.

L’auteur ne se contente pas de résumer les textes bibliques : il les réinterprète comme un récit criminel, dans lequel les assassinats, complots, trahisons et actes de barbarie se succèdent comme dans un roman noir. Le résultat est une fresque vivante, parfois crue, toujours captivante, qui nous plonge dans les coulisses de l’histoire des rois et prophètes.


Résumé et structure

Le livre s’ouvre sur le contexte historique : à la mort de Salomon, le royaume unifié d’Israël se divise en deux entités rivales, Israël au nord et Juda au sud. De là, l’auteur déroule une succession d’épisodes tragiques, chacun marqué par un crime, une vengeance ou un conflit de pouvoir. La table des matières (très détaillée) agit comme une carte des drames : on y trouve, entre autres, « Assassinat de Naboth », « Extermination des prêtres de Baal », « Infanticide d’Achaz », « Supplice de Sédécias », ou encore « Tentative de viol » (dans le récit de Suzanne).

Janouin-Benanti n’oublie pas les personnages féminins. Certaines femmes, comme Jézabel ou Athalie, sont dépeintes comme des figures de pouvoir cruelles, rivalisant avec leurs homologues masculins. D’autres, comme Judith, Esther ou Suzanne, incarnent courage et intelligence, donnant un souffle inattendu à ce monde dominé par la violence.


Exemples marquants

L’un des points forts du livre réside dans la manière dont l’auteur fait revivre des scènes emblématiques de la Bible en y injectant une dimension dramatique et humaine.

  • La prophétie d’Élie contre Achab et Jézabel (pp. 63-68) : Élie, prophète de l’Éternel, s’oppose au roi Achab et à son épouse Jézabel, accusés d’idolâtrie et de crimes. L’auteur décrit les tensions religieuses comme un thriller, où se mêlent visions mystiques et luttes pour le pouvoir.
  • Le règne sanglant de Jéhu (pp. 100-110) : Jéhu est présenté comme un stratège impitoyable qui n’hésite pas à massacrer la famille royale d’Achab, à faire exécuter la reine Jézabel, et à orchestrer l’extermination des prêtres de Baal. Serge Janouin-Benanti relate ces événements avec un réalisme brutal.
  • Judith et Holopherne (pp. 170-180) : Le récit de Judith, héroïne qui décapite le général assyrien Holopherne, est traité comme un moment de bravoure féminine, en contraste avec les scènes d’asservissement et de violence masculine.
  • L’histoire d’Esther (pp. 262-277) : L’auteur met en scène les intrigues de cour en Perse, où Esther, par son intelligence et sa beauté, déjoue un projet d’extermination des Juifs.
  • Suzanne et ses accusateurs (pp. 280-295) : Dans ce passage, l’auteur adopte presque le ton d’un roman judiciaire moderne, racontant comment la vertu de Suzanne triomphe face à un complot ignoble.

Thèmes et portée

L’ouvrage soulève des questions universelles : l’ambition politique, la corruption du pouvoir, le fanatisme religieux, la vengeance, mais aussi la rédemption et le courage. Il met en lumière la violence inhérente à la construction des royaumes et la fragilité des idéaux spirituels face aux passions humaines.

Ce livre se démarque aussi par son analyse historique. Serge Janouin-Benanti ne se contente pas d’une approche théologique : il replace chaque épisode dans son contexte politique, en évoquant l’influence des empires voisins (Égypte, Assyrie, Babylone, Perse). Il cite ses sources (Louis Segond, André Chouraqui, la TOB, etc.) et puise dans des commentaires midrashiques et archéologiques.


Style et narration

Le style de Serge Janouin-Benanti est direct, narratif et immersif. On retrouve parfois des dialogues reconstitués, qui rendent la lecture vivante, comme dans les scènes où des rois débattent de leur sort ou où des prophètes annoncent leurs visions (exemple : le dialogue entre Jozacar, Jozabad et les prêtres, p. 129-131).

Malgré la densité historique, le ton est accessible. L’auteur alterne entre reconstruction romancée et exposition factuelle, offrant à la fois une fresque historique et un livre qui se lit comme un recueil de nouvelles criminelles. Chaque épisode est autonome, mais tous s’enchaînent pour former une grande saga.


Pourquoi lire ce livre ?

  • Pour redécouvrir la Bible autrement : Ce tome n’est ni un texte religieux ni un commentaire théologique, mais un récit historique et dramatique qui décortique la Bible comme une galerie de faits divers et de crimes.
  • Pour l’angle criminologique : L’auteur, spécialiste des affaires criminelles, traite les épisodes bibliques comme des enquêtes. Les assassinats de rois ou les complots sont racontés avec un sens du suspense qui captive.
  • Pour l’éclairage sur les personnages féminins : Judith, Esther et Suzanne sont décrites avec profondeur et modernité. Cela donne une lecture rafraîchissante de récits souvent cantonnés à des visions patriarcales.
  • Pour le contexte historique clair : La mise en relation avec les empires assyrien, babylonien et perse offre une compréhension enrichie de cette période.

Critique globale

Le livre brille par sa capacité à rendre accessibles des récits anciens, parfois difficiles à aborder pour le lecteur moderne. Le choix de se concentrer sur les crimes permet de donner une unité narrative à un texte biblique fragmentaire. Toutefois, cette focalisation peut parfois donner une impression de surenchère : la succession des meurtres, complots et massacres peut sembler répétitive si on le lit d’une traite.

Un autre point fort est la dimension pédagogique. Chaque chapitre, en plus de raconter un événement, offre un contexte géopolitique et culturel. On sort de cette lecture avec une vision plus claire des dynasties d’Israël et de Juda, ainsi que des figures prophétiques (Élie, Élisée, Isaïe, etc.).


Conclusion

Avec Les Crimes dans la Bible, Tome 3 : Rois et Prophètes, Serge Janouin-Benanti propose une lecture à la fois historique, romanesque et critique des textes bibliques. Le livre allie rigueur documentaire et plaisir narratif. C’est une porte d’entrée originale pour tous ceux qui veulent découvrir l’Ancien Testament sous un angle humain, réaliste, et parfois terriblement moderne.

Les Crimes dans la Bible – Tome 3 : Rois et Prophètes

Serge Janouin-Benanti – 3E Éditions – 280 pages

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