L’ogre de la gare d’Hanovre : L’affaire Haarmann

L’ogre de la gare d’Hanovre – 3E éditions

L’ogre de la gare d’Hanovre, publié chez 3E éditions, au prix de 3,99 euros en e-book et 11 euros en livre broché.

Un tueur exceptionnel

La barbarie existe. Elle nous laisse d’autant plus sans voix quand il s’agit du comportement d’un être humain d’apparence très ordinaire. Fritz Haarmann, qui se confondait avec les habitants d’Hanovre est pourtant un grand psychopathe.

Il s’est rendu coupable des pires atrocités, sans que cela alerte vraiment ses concitoyens autour de lui. Et on peut dire qu’il viola et tua des enfants en toute impunité, sauf à la fin où il fut finalement exécuté.

Mais quand il fut arrêté, il avait déjà fait des dizaines de victimes, assassiné tant d’enfants disparus que le cœur se soulève en lisant son parcours de vie… Le nombre exact de ses victimes n’est pas connu avec certitude, lui-même n’hésitait pas à se vanter qu’il en avait tué une cinquantaine. En fin de compte, il fut condamné pour 24 enfants tués.

Le comble de l’horreur

Il les tuait et ensuite les découpait, puis il enlevait méthodiquement toute la chair qui recouvrait les os. Était-il fou pour autant ? C’est la question qui revient de manière lancinante tout au long de cette affaire criminelle. Pourtant, après avoir roulé tout un quartier, berné les forces de police tant d’années, avoir agi avec tant de ruse, on en doute.

Ce qui est sûr, c’est qu’il avait fait des séjours en hôpital psychiatrique, et cela depuis l’âge de 16 ans. Et même plusieurs hôpitaux psychiatriques.

Est-ce que le contexte historique a joué un rôle dans cette terrible affaire ? Oui, sans aucun doute, l’Allemagne sortait de la guerre et était en grande souffrance, quant au pouvoir, il avait bien des difficultés à s’imposer.

Fritz Haarmann était sanguinaire, et pourtant il connaissait la Bible par cœur. Dans son enfance, sa mère la lui avait apprise, sa mère qu’il adorait et avec qui il avait des rapports fusionnels. Elle lui passait tout et ne s’inquiétait nullement quand, adolescent, il entraînait les petits garçons à la cave pour les déculotter et caresser leur zigounette.

Une enfance toxique

Quel genre de parents a eu ce monstre ? Eh bien, ses parents se détestaient. Ils auraient dû pourtant être heureux. Le père de Fritz Haarmann avait une bonne place, contrairement à beaucoup qui pointaient au chômage. Il était conducteur de locomotive. Très tôt, il décela chez son fils un comportement déviant. Il disait « mon fils est fou » à qui voulait l’entendre. Quand un de ses collègues mourut, sachant que son fils le détestait, il le soupçonna de l’avoir assassiné. Il se rendit même au poste de police pour le dénoncer et demander qu’on interne son fils. Les policiers n’en crurent rien et mirent cela sur le compte de la douleur d’avoir perdu un camarade. L’affaire fut classée sans suite.

Pour ce premier crime, Fritz Haarmann s’en tira… Si on avait tenu compte de ce qu’affirmait son père, combien de victimes innocentes auraient été sauvées ? Car quand il se mit à devenir un tueur en série, un serial killer, il assassina au moins une fois par semaine…

C’est d’autant plus étonnant qu’il ne se soit pas fait prendre plus tôt, quand on constate qu’il n’y avait guère de changement dans son choix des victimes ni dans son mode opératoire. Puisqu’il avait réussi à tuer d’une certaine façon, sans être pris, il suffisait de continuer de la même façon.

Était-il fou ?

Fritz Haarmann va faire plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, ensuite, il va connaître une période d’errance où il parcourra l’Allemagne en vivant d’expédients, de rapines et de malversations de toutes sortes, qui le feront passer de tribunal en tribunal, de prison en prison pour de courts séjours.

Un jour, il croisa son âme damnée, Hans Grans, un prostitué sans scrupule, ils ne se quitteront plus, jusqu’au procès qui les condamna.

Qu’avaient pensé les psychiatres qui ont examiné Fritz Haarmann ? Certes ils l’ont trouvé spécial, mais pas franchement fou. Et pourtant, il tua de jeunes enfants, il mutila leur cadavre, il vendit et mangea de la chair humaine, est-ce le comportement de quelqu’un de normal ?

Si les psychiatres avaient été plus perspicaces, combien de morts auraient été sauvés ?

Un culot incroyable

Évidemment, jusqu’à son procès proprement dit, Fritz Haarmann laisse perplexe. Là, il voulut se défendre lui-même et intervint avec un culot et une sûreté incroyable. Il déstabilisait les témoins, à commencer par le commissaire d’Hanovre, qui courbait l’échine en l’entendant l’apostropher et le tourner en dérision, car des années durant il l’avait trompé sans vergogne.

Et pourtant Fritz Haarmann ne fit pas la guerre. Les autorités militaires semblent avoir été plus réalistes que les médecins civils. Il fit bien son service militaire, mais devant son comportement et ses incohérences réelles ou simulées, l’Armée le renvoya dans ses foyers. Non d’ailleurs, un comble, sans lui accorder une pension, certes petite, mais qui l’aida ensuite tout de même à vivre et même pourrait-on dire à tuer sans trop travailler, et donc lui laissa du temps de libre pour piéger ses petites victimes.

Et les enfants d’Hanovre disparaissaient les unes après les autres, et la police ne voyait rien. Pourtant, dans la population la rumeur enflait, les autorités aveuglent ne voulaient pas y croire. Les parents des disparus se succédaient au commissariat, mais l’enquête piétinait.

Un honnête citoyen

Fritz Haarmann, lui, tenait un commerce de vêtements. Il était du reste très apprécié de sa propriétaire, qui, elle, tenait un restaurant où Fritz Haarmannn préparait des petits pâtés si bons. On faisait des fêtes bien sympas dans ce restaurant bien en vue.

Fritz Haarmann avait commencé son commerce en volant le linge qui séchait sur les fils dehors, par la suite, il revendit les vêtements de ses victimes. Leur vélo, leur instrument de musique, tout ce qui leur appartenait.

Ce bon M. Haarmann qui présentait si bien. Il profitait de l’inflation galopante qui sévissait en Allemagne, alors les gens tiraient le diable par la queue et avaient autre chose à penser qu’à surveiller les allées et venues de leur voisin. Les grandes crises favorisent l’émergence des monstres dans nos sociétés.

Fritz Haarmann qui avait été le fils chéri de sa mère, alors qu’il jouait à la poupée, au détriment de ses petites sœurs, à qui il faisait mille farces et attrapes, sans que leur mère y trouvât à redire. Sa méchanceté infantile laissait-elle percevoir sa cruauté d’adulte ?

Des signaux d’alerte ignorés

Bien qu’il fût arrêté maintes fois pour des vols avant de passer pour un commerçant modèle, il se moquait des lois, comme son ami et amant, Hans Grans.

Il lui arriva tout de même de faire un long séjour en prison, il fit 9 mois à la suite. C’est la fois où il fut surpris en flagrant délit au lit avec un adolescent, suite à une visite de la police à son domicile, car un père, dont le fils avait disparu, l’accusait de lui avoir fait du mal, car dans son enquête il était remonté jusqu’à lui. En fait, c’était bien le cas, Fritz Haarmann l’avait tué, comme il le racontera en rigolant à son procès. Pour cet outrage aux bonnes mœurs, le commissaire avait mal fait son inspection des lieux, sinon il aurait découvert le crâne de celui qu’il venait d’assassiner enveloppé dans du papier journal, caché derrière son poêle.

La gare d’Hanovre, encore et toujours

Ce qui laisse perplexe c’est le comportement de Fritz Haarmann, toujours la même façon de procéder. Il n’en varia pas. Il fréquentait la gare d’Hanovre et, sous divers prétextes, il abordait les garçons et les entraînait dans son appartement de la Neuestrasse. Il s’y prenait si bien que les employés de la gare pensaient qu’il était policier.

Dans la salle d’attente de la gare d’Hanovre, il y avait beaucoup de sans-abri et, pour eux, personne ne portait plainte s’ils disparaissaient. Ces jeunes misérables, comme leur propre famille, plus personne ne s’en souciait. Alors, une fois rendus chez Fritz Haarmann celui-ci pouvait leur faire ce qu’il voulait.

Les victimes de Fritz Haarmann s’accumulaient, et il n’était pas inquiété. Il faisait ami-ami avec la police, quitte à lui indiquer quelqu’un qu’il n’aimait pas lui qui évoluait comme un poisson dans l’eau dans les bas-fonds de la ville… Le criminel se sentait tellement insoupçonnable que, la nuit, un sac à charbon sur le dos, il allait jeter les os de ses petites victimes dans la Leine, la rivière qui traverse Hanovre.

S’il avait un commerce de vêtements donnant sur rue, lui habitait au 4e étage. Et, la nuit, ses voisins entendaient des bruits de scie et de hachoir. Les braves gens pensaient qu’il faisait du marché noir de viande de cheval.

Plus tard, plusieurs instruments de boucher furent retrouvés dans son logement.

Une frénésie sexuelle meurtrière

Fritz Haarmann était pris de frénésie sexuelle. Il mordait ses victimes à la gorge, il sectionnait leur carotide avec les dents. Un vrai vampire. Ce terrible prédateur sexuel, psychopathe, se procurait du plaisir sexuel en tuant la nuit. Auparavant, à la nuit tombée, il traînait à la gare à la recherche d’une proie.

Le jour, il se promenait le cigare à la bouche, en costume cravate, avec une pochette à la boutonnière.

Un dangereux pédophile, hyperactif, manipulateur.

Chez Fritz Haarmann l’acte prévalait sur la pensée. Il vivait l’instant sans se méfier et de fait, ainsi il n’attirait pas l’attention. Le mal qu’il a commis durant des années n’a rien de banal. Sa seule motivation profonde était une frénésie sexuelle, il voulait son plaisir à tout prix. Et il aimait le sang.

À partir du jour où il a découvert un plaisir intense en tuant, il a voulu recommencer.

Oui, le mal existe.

Et on repêcha des crânes dans la rivière…

Les disparitions finirent par arriver aux oreilles des autorités berlinoises. On envoya des policiers de Berlin pour épauler leurs collègues d’Hanovre, jugés incompétents.

Les policiers berlinois tendirent un piège à Haarmann, une nuit dans la gare d’Hanovre en y mettant deux jeunes garçons. Mais, Fritz Haarmann sentit le piège, les jeunes étaient trop beaux, trop propres, trop bien habillés.

Finalement, il sera tout de même arrêté.

Aucun remords, aucune compassion

Le 8 décembre 1924, le procès de Fritz Haarmann et Hans Grans commença.

L’assassin voulut assurer seul sa défense.

Quand les parents des victimes vinrent témoigner, il se moqua d’eux. Il n’éprouvait aucun remords. Comme il n’avait éprouvé aucune peine en donnant la mort dans la souffrance.

Oui, lors de son procès, il se remarqua par ses réparties, il ne donna aucun signe de vraie folie, c’était juste un dangereux psychopathe.

Il fut reconnu coupable le 19 décembre 1924, coupable de 24 meurtres et condamné 24 fois à la peine de mort.

Le 15 avril 1925, la sentence fut exécutée à Hanovre.

L’ogre de la gare d’Hanovre, publié chez 3E éditions, au prix de 3,99 euros en e-book et 11 euros en livre broché.

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